Santé & sommeil · 14 août 2026
Se garder une vraie soirée pour soi quand on est parent : l'art de faire simple

Un mercredi de mars, vingt et une heures passées. Les enfants dorment, la cuisine est rangée. Et je reste debout à me demander quoi faire de cette heure. Lire ? Trop fatigué. Un film ? Trop long. J’ouvre mon téléphone, je scrolle. Quarante minutes plus tard, je me couche avec le sentiment d’avoir perdu ma soirée. Une soirée que j’attendais depuis le matin.
Revenir à l’essentiel
J’ai longtemps cru que le problème venait du temps qui manque. Le temps est là. C’est la décision qui coince.
Un soir, j’ai posé une question simple : de quoi ai-je vraiment besoin ? Pas de ce qu’Instagram appelle « du temps pour soi ». Pas de bain moussant aux bougies. Juste être seul, faire quelque chose de mes mains, ne rien devoir à personne pendant une heure. Ni planning, ni lessive, ni devoirs.
J’ai arrêté de chercher la soirée parfaite. J’ai cherché la soirée possible. Celle qui tient entre le tunnel du soir et le réveil de six heures trente.
Pourquoi ça saute toujours en premier
La soirée pour soi est la variable d’ajustement. On la décale, on l’annule. Parce qu’elle ne crie pas. Un enfant qui pleure, un dossier à rendre : tout hurle plus fort qu’une heure de lecture.
On se dit « je prendrai du temps pour moi quand tout sera fait ». Mais tout n’est jamais fait. Il y a toujours un carnet à signer, un rendez-vous à caler. Repousser sa soirée à la fin de la to-do list, c’est la condamner.
Et puis la fatigue de fin de journée donne l’illusion qu’on n’a envie de rien. Alors on scrolle. Mais scroller, ce n’est pas se reposer. Une vraie soirée pour soi laisse une trace le lendemain. Un scroll n’en laisse aucune.
La bloquer comme un rendez-vous
J’ai traité cette soirée comme une réunion importante. Une réunion avec moi-même, inscrite au calendrier.
J’ai choisi le mardi. Pas le vendredi, où la fatigue écrase tout. Pas le week-end. Un jour ordinaire. « Soirée à moi », posé noir sur blanc dans le calendrier partagé. Mon conjoint prend le tunnel du soir ce jour-là. Devoirs, brossage de dents, histoire. De mon côté, libre à vingt et une heures. Une heure, pas deux. C’est ce qui tient sans empiéter sur le sommeil.
La première semaine, un imprévu : un formulaire scolaire à remplir pour le lendemain. J’ai failli annuler. Et puis je me suis dit : si c’était une réunion de boulot, je l’aurais annulée ? Non. J’ai trouvé quinze minutes ailleurs. La soirée a tenu.
Ce qu’on y gagne (et les enfants aussi)
Au bout d’un mois, un changement que je n’attendais pas.
Le lendemain d’une soirée pour moi, ma patience est plus haute. Bol renversé, chaussette perdue, « j’veux pas y aller » : tout glisse. Parce que j’ai eu une heure la veille où personne n’a eu besoin de moi. Cette heure recharge un réservoir que je ne savais pas vide.
Les enfants n’ont rien dit. Mais les faits sont là : moins de cris pour un rien, plus d’écoute pour le récit de la cour de récré.
Et l’effet sur le couple : voir son conjoint bloquer du temps pour lui autorise à faire pareil. Mon compagnon a pris le mercredi suivant. Chacun sa soirée, sans culpabilité.
Ce que l’on gagne à faire simple
| Ce qu’on a essayé | Résultat observé | Au bout de combien de temps |
|---|---|---|
| Une heure de lecture, téléphone éteint | Tête vidée, endormissement rapide, zéro frustration | 2 semaines |
| Tricoter en écoutant un podcast | Mains occupées, esprit libre. Le cerveau se repose | 1 essai |
| Écrire dans un carnet, sans relecture | Pensées posées, angoisses du lendemain désamorcées | 3 semaines |
| Regarder un film en entier, sans pause lessive | Sentiment de complétude. Ne pas couper le film change tout | Immédiat |
| Ne rien faire. Fenêtre ouverte, silence | Inconfortable au début, apaisant ensuite | 4 essais |
Rien n’a marché du premier coup. Le premier mardi, vingt minutes à culpabiliser de ne rien faire. Le deuxième, quinze. Le quatrième, cinq. Le temps que le cerveau comprenne que cette heure ne sera pas interrompue.
Verdict
Garder une soirée pour soi ne demande ni organisation ni budget. Une décision, tenue. La mienne a tenu parce que je l’ai faite minuscule : un soir par semaine, une heure, une activité sans obligation.
Moins j’en attendais, plus elle m’apportait. Une heure de tricot vaut mieux qu’un programme de trois heures qu’on ne tiendra jamais. La simplicité n’est pas un pis-aller, c’est la condition pour que ça dure.
Un seul conseil : bloquez un soir fixe, ne le cédez pas. Traitez-le comme un rendez-vous médical. On ne l’annule pas pour du courrier en retard.
FAQ
Combien de soirs par semaine faut-il se garder pour soi ?
Un seul, pour commencer. Un soir fixe, une heure. Mieux vaut un mardi tenu chaque semaine que trois soirs théoriques qui sautent.
Que faire si mon conjoint ne comprend pas cette démarche ?
Poser les choses factuellement. « Le mardi soir, j’ai besoin d’une heure, comme toi tu as ta séance de sport le jeudi ». Si le dialogue bloque, commencer par trente minutes : prévenir, ne pas négocier. L’expérience plaide mieux qu’un argument.
Est-ce égoïste de prendre du temps pour soi avec des enfants ?
Je me suis posé la question. Après quatre mois : non. Un parent au bout du rouleau ne donne pas le meilleur de lui-même. Cette heure me rend disponible le lendemain. Mes enfants ne savent pas que le mardi soir y est pour quelque chose. Moi, je le sais.
Comment faire pour que ça dure sans devenir une contrainte ?
En ne la remplissant pas trop. Si la soirée devient une liste (lire, méditer, écrire), elle ressemble à une deuxième journée. Le critère n’est pas ce que vous avez fait, mais ce que vous n’avez pas fait : pas de téléphone, pas de tâche domestique, pas de disponibilité.
Liens
- Ranger avec les enfants sans crise : une maison qui respire le soir libère l’esprit pour sa parenthèse.
- Préparer son budget de rentrée sans stress : anticiper les dépenses, c’est aussi libérer sa tête pour les soirs où on planifie.
- Décorer sans se ruiner : un intérieur où l’on se sent bien donne envie d’y rester, le soir, pour soi.
⚕️ Cet article est fourni à titre d’information et de vulgarisation. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation. Pour tout symptôme, diagnostic ou traitement, consultez un professionnel de santé. En cas d’urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.


