Temps libre · 7 août 2026
Retrouver le plaisir de lire en toute simplicité

On a arrêté de lire sans même s’en rendre compte. Pas du jour au lendemain. Un livre entamé puis laissé sur la table de chevet, un autre emprunté et rendu sans l’ouvrir, un dernier offert et rangé dans l’étagère du bas. Un jour, on s’est dit qu’on ne lisait plus, sans savoir dire quand c’était arrivé.
On a voulu comprendre, mais sans se forcer ni s’imposer un programme. On a testé des choses simples, pendant quelques semaines, en notant ce qui tenait et ce qui lâchait. Voici ce qu’on a observé.
Revenir à l’essentiel
Lire n’est pas une performance. On l’avait oublié. On s’était mis en tête qu’il fallait lire beaucoup, lire des livres sérieux, finir ce qu’on commence, cocher des cases. Cette pression, on se l’infligeait tout seul, et elle nous éloignait des livres plus qu’autre chose.
On a tout remis à plat. Un livre, c’est d’abord une histoire dans laquelle on a envie d’entrer. Rien d’autre. Pas de score, pas de pile à terminer, pas de liste à honorer. On a rangé la question « est-ce que ça en vaut la peine ? » pour n’en garder qu’une : « est-ce que j’ai envie de tourner la page ? ».
Ce changement de regard a été le point de départ. Avant de chercher des astuces, il fallait se rappeler pourquoi on lisait.
Pourquoi on décroche de la lecture
On a cherché nos propres raisons, sans se mentir. La première, c’est la fatigue. Le soir, après les devoirs, les repas, la maison, il ne reste pas grand-chose. Ouvrir un livre demande une énergie qu’on n’a plus, alors on glisse vers l’écran, qui en demande moins.
La deuxième, c’est le choix. On a trop de livres et pas de méthode. Les étagères débordent, la pile monte, et on ne sait plus par où commencer. L’abondance paralyse. On finit par ne rien prendre, de peur de mal choisir.
La troisième, c’est une culpabilité à l’envers. On se dit qu’on devrait lire des essais, des classiques, de quoi se cultiver. Alors on laisse de côté le roman léger qui ferait plaisir, et on n’ouvre ni l’un ni l’autre.
Aucune de ces raisons n’est une fatalité. Ce sont des habitudes, et les habitudes se défont aussi simplement qu’elles se sont installées.
Se remettre en selle avec les bons livres
Le problème n’était pas de lire plus, c’était de choisir des livres qui nous ressemblent. On a commencé par désacraliser la sélection. Un livre de poche trouvé en médiathèque, un roman court, une intrigue qui se lit vite : ça suffit pour relancer la machine.
On a aussi cessé d’acheter n’importe comment. Les livres coûtent cher, et on tient déjà un budget de rentrée scolaire serré. La lecture n’a pas besoin d’être une dépense supplémentaire. La médiathèque et les boîtes à livres font l’affaire, avec un avantage en prime : un livre emprunté a une date de retour, ce qui nous pousse à l’ouvrir.
Surtout, on a arrêté de vouloir finir à tout prix. Un livre qu’on abandonne après trente pages, ce n’est pas un échec, c’est un tri. On rend, on passe au suivant, sans état d’âme.
Se ménager un vrai temps de lecture
Le temps ne se trouve pas, il se décide. On a testé plusieurs créneaux, sans enjoliver les résultats. Voici le banc d’essai.
| Ce qu’on a essayé | Résultat observé | Au bout de combien de temps |
|---|---|---|
| Lire dix minutes au réveil, avant le reste de la maison | La lecture tenait, mais il fallait avancer le réveil | Une semaine pour que ça devienne un réflexe |
| Laisser le téléphone dans une autre pièce le soir | Les pages tournaient au lieu de scroller | Trois soirs |
| Un créneau fixe le dimanche après-midi | Efficace, mais fragile dès qu’un imprévu tombait | Deux week-ends |
| Lire à voix haute avec les enfants le soir | Deux en un : on lit et on partage | Quelques jours |
Deux constats en ressortent. Le créneau du soir, une fois le téléphone écarté, est celui qui a tenu le plus longtemps. Et un créneau court vaut mieux qu’un créneau long et rare : dix minutes chaque soir ont fait davantage que deux heures le dimanche.
Il faut aussi un endroit. On a dégagé un coin du salon, un fauteuil près de la lampe, sans en faire un chantier. Le même principe que lorsqu’on range avec les enfants : par petites passes, sans tout bouleverser. Un endroit net suffit, pas une pièce dédiée.
Ce que l’on gagne à faire simple
Le premier gain, c’est le calme. Lire le soir, au lieu de scroller, on s’endort plus vite et l’esprit moins agité. On ne l’avait pas anticipé, c’est venu avec la régularité.
Le deuxième, c’est l’exemple qu’on donne. Nos enfants nous voient lire. Ils ne reçoivent pas un discours sur la lecture, ils constatent qu’on le fait. C’est plus convaincant que n’importe quelle leçon, et ça rejoint ce qu’on avait observé pour une chambre d’enfant qui range seule : ce qui compte, c’est ce qu’on fait devant eux, pas ce qu’on leur demande.
Le troisième gain, plus personnel, c’est le retour d’un plaisir simple. On avait oublié ce que ça fait de vouloir connaître la suite. Retrouver ça ne demande ni méthode ni matériel. Juste un livre qui donne envie, et dix minutes.
FAQ
Faut-il lire tous les jours pour se remettre à lire ?
Non. La régularité aide, mais elle n’est pas une règle. Un créneau court, quelques soirs par semaine, suffit pour relancer l’habitude. Ce qui compte, c’est de garder un livre à portée de main, pour que l’envie trouve un chemin facile au moment où elle se présente.
Comment choisir un livre quand on ne sait pas par où commencer ?
Commencez petit. Un roman court, une intrigue simple, un genre qui détend plutôt qu’un titre « qu’il faut avoir lu ». Empruntez plutôt qu’acheter : la date de retour donne un élan, et un mauvais choix se rend sans regret.
Que faire si l’on abandonne un livre en cours de route ?
Rien. Abandonner un livre qui ne prend pas, c’est un tri, pas un échec. On l’a testé : forcer la lecture d’un titre qui ennuie a fini par couper l’envie de lire tout court. Mieux vaut passer au suivant.
La lecture sur écran ou liseuse aide-t-elle à reprendre ?
Oui, si ça arrange. Le support importe peu au début. Ce qui pèse, c’est l’envie et le créneau, pas l’objet. Une liseuse à lumière douce a d’ailleurs réglé notre problème du soir, quand la lampe dérangeait la personne à côté.
On croyait qu’il fallait du temps pour se remettre à lire. En réalité, il fallait juste un livre qui donne envie et un téléphone posé un peu plus loin. Le reste a suivi.

